Chery repousse son lancement canadien à début 2027 — et garde le silence sur les raisons

L'équipe éditoriale de China-EV.ca couvre l'arrivée des véhicules électriques chinois au Canada : modèles, prix, incitatifs, réglementation et infrastructure de recharge. Chaque contenu est vérifié contre nos bases de données internes (spécifications constructeurs, textes réglementaires officiels) avant publication.
L'essentiel
- Le calendrier de Chery au Canada vient de bouger, et personne ne dit pourquoi.
- Reconstruisons la séquence, car elle raconte une histoire.
- Le plus frappant dans le compte rendu de Reuters, c'est ce qui en est absent.
Fiche technique — Chery Omoda E5
Chery repousse son lancement canadien à début 2027
Le calendrier de Chery au Canada vient de bouger, et personne ne dit pourquoi. Charlie Zhang, vice-président de Chery, a déclaré à Reuters depuis le siège de l'entreprise à Wuhu, en Chine, que le constructeur prépare un lancement de marque au Canada pour « le début de l'année prochaine ». C'est plus tard que le message « fin 2026 » qui s'affiche encore sur le site canadien bilingue d'Omoda et Jaecoo.
Ce n'est pas une retouche cosmétique sur un calendrier de communication. C'est la première fois qu'un dirigeant de Chery pose une fenêtre concrète au-delà de la promesse initiale, et ce décalage a une conséquence directe pour quiconque attendait un Omoda E5 ou un Jaecoo dans les prochains mois : il faudra patienter plus longtemps.
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Une ligne du temps qui recule, trimestre après trimestre
Reconstruisons la séquence, car elle raconte une histoire. Plus tôt cette année, Zhang visait des ventes prêtes pour le quatrième trimestre 2026, « sous réserve des approbations réglementaires ». Le site d'Omoda et Jaecoo, lui, promettait « fin 2026 ». Désormais, la cible officielle est « début de l'année prochaine » — autrement dit, début 2027.
Sur un calendrier, le décalage est court : quelques mois, deux trimestres au maximum. Mais il n'est pas anodin. Un lancement « fin 2026 » permettait les premières livraisons avant les Fêtes. Un lancement « début 2027 » les repousse au printemps dans le meilleur des cas, une fois l'homologation de Transports Canada complétée — un processus qui prend de six à douze mois par modèle, et dont Chery n'a pas encore annoncé l'issue.
Ce que ni Chery ni Reuters n'expliquent
Le plus frappant dans le compte rendu de Reuters, c'est ce qui en est absent. Reuters n'a pas nommé les marques concernées par ce lancement canadien — Omoda, Jaecoo, ou la marque premium Exeed que Chery a déposée auprès de l'OPIC. Et ni Chery ni Reuters n'ont expliqué pourquoi la cible a glissé.
Ce silence mérite d'être souligné, pas comblé. Quand un constructeur repousse un lancement, il y a presque toujours une raison invoquée : l'homologation, la chaîne d'approvisionnement, le réseau de concessionnaires, le contexte tarifaire. Ici, rien. Pour un acheteur, c'est un signal à lire tel quel : la date de 2027 reste souple, et une nouvelle révision n'est pas à exclure tant que Chery n'aura pas nommé ses marques et détaillé son calendrier d'homologation.
L'autre nouvelle du même entretien : le flirt avec les constructeurs américains
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Le même entretien avec Reuters contient un deuxième élément que la plupart des gros titres ont laissé tomber. Zhang a déclaré que Chery « accueillerait favorablement » des partenariats technologiques avec des constructeurs automobiles américains. Il n'a cité aucun nom et n'a pas décrit ce que ces accords pourraient inclure.
C'est une déclaration lourde de sens. Chery ne se contente pas de préparer une vitrine de vente au détail au Canada : il se positionne aussi comme un fournisseur de technologie potentiel pour l'industrie nord-américaine. Si un accord de ce type se matérialisait, ce serait une nouvelle d'une ampleur bien supérieure à celle d'un simple calendrier de lancement — et c'est peut-être, justement, ce qui occupe Chery en ce moment.
Le contexte : un quota qui se vide et une concurrence qui s'annonce
Ce décalage intervient dans un marché canadien qui s'est ouvert aux VE construits en Chine. Depuis le 1er mars, le Canada autorise jusqu'à 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine par an à un tarif de 6,1 %, selon le principe du premier arrivé, premier servi. Au 9 octobre, il restait 33 069 places sur ce quota annuel.
Chery ne sera de toute façon pas seul en 2027. Geely a confirmé son entrée au Canada, avec de premiers véhicules attendus en 2027. Le calendrier qui se dessine — Chery au début 2027, Geely en 2027, BYD possiblement dès la fin 2026 — promet une année chargée pour le marché canadien du VE, et une vraie bataille sur les prix dans le segment compact.
Mon avis : le glissement est petit, mais il en dit long
Voici une lecture que je tiens à assumer, parce qu'elle peut se vérifier — ou se faire démentir — dans les semaines qui viennent. Le recul de Chery, de fin 2026 à début 2027, n'est pas un abandon. C'est le symptôme d'un ordre de priorités différent de celui qu'on prête à la marque. Entre une vente au détail canadienne qu'il faut encore homologuer et un partenariat technologique américain potentiellement transformateur, la première pèse moins lourd.
Si j'ai tort, Chery va rapidement nommer ses marques (Omoda et Jaecoo, vraisemblablement), confirmer ses modèles d'entrée et donner une date ferme d'homologation. Si j'ai raison, le lancement canadien restera décrit en termes vagues — « début 2027 » — pendant que Chery concentre son énergie ailleurs. Surveillez le prochain communiqué de Chery : ce qu'il nommera, et surtout ce qu'il ne nommera pas, tranchera la question.
Ce que cela change pour vous
Si vous hésitez à attendre un VE chinois, voici la lecture honnête. Ne planifiez pas l'achat d'un Omoda E5 ou d'un Jaecoo J5 EV avant début 2027 — et gardez en tête que cette date dépend encore de l'homologation et d'un régime tarifaire politiquement fragile. Notre analyse de la consultation tarifaire de juillet 2026 rappelle qu'Ottawa a rouvert le dossier du tarif de 6,1 % il y a quelques mois à peine.
Pour le Chery Omoda E5, les spécifications restent celles que nous avons déjà documentées : environ 414 km d'autonomie WLTP et un prix estimé autour de 35 000 $ CA. Pour la sous-marque aventure de Chery, notre guide complet du Jaecoo J5 EV demeure à jour. Pour le contexte d'entrée au Canada, relisez notre dossier sur la stratégie Omoda et Jaecoo.
Un rappel qui, lui, n'a pas bougé : les VE construits en Chine ne sont pas admissibles au rabais fédéral EVAP. Au Québec, le programme Roulez Vert offre 2 000 $ sans restriction d'origine — et c'est tout.
FAQ
Quand Chery arrivera-t-il finalement au Canada ?
Pourquoi le lancement est-il repoussé ?
Chery travaille-t-il avec des constructeurs américains ?
Le quota d'importation est-il encore ouvert ?

Fiche véhicule
Voir toutes les spécifications du Chery Omoda E5
À partir de 35 000 $ CAD (estimation)
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