2 400 VE chinois importés au Canada en juillet : combien sous la barre des 35 000 $ ?

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.
L'essentiel
- Juillet 2026 — C'est le chiffre qui confirme que la vague chinoise n'est plus une hypothèse.
- 2 400 véhicules en un mois, c'est à la fois beaucoup et peu.
- La barre des 35 000 $ n'est pas arbitraire.
# 2 400 VE chinois importés au Canada en juillet : combien sous la barre des 35 000 $ ?
Juillet 2026 — C'est le chiffre qui confirme que la vague chinoise n'est plus une hypothèse. Selon les données d'importation analysées par driving.ca, le Canada a importé 2 400 véhicules électriques chinois au cours du mois de juillet 2026. C'est la première fois qu'un volume significatif est enregistré depuis l'entrée en vigueur du système de quotas de 49 000 véhicules par an et du tarif préférentiel de 6,1 %.
La question que tout le monde se pose : combien de ces véhicules sont sous la barre des 35 000 $ ?
2 400 véhicules : un chiffre à mettre en perspective
2 400 véhicules en un mois, c'est à la fois beaucoup et peu. Annualisé, ce rythme donnerait 28 800 importations — bien en dessous du plafond de 49 000, ce qui laisse une marge confortable pour les constructeurs qui n'ont pas encore commencé à expédier (BYD vise fin 2026, Dongfeng plutôt 2027-2028).
Mais comparé au marché canadien total des véhicules électriques — 328 000 ventes en 2025 — ces 2 400 unités représentent moins de 1 % du marché mensuel. L'arrivée est graduelle, exactement comme Ottawa l'avait calibré avec son système de permis trimestriels.
Les 2 400 véhicules proviennent vraisemblablement de Geely (via Lotus Eletre et Zeekr), de Chery (Omoda E5, Jaecoo 6) et possiblement d'un premier lot de BYD destiné aux concessionnaires canadiens pour des essais et de l'homologation. Dongfeng n'a pas encore commencé ses expéditions — son événement au Vieux-Port de Montréal était une démonstration, pas une mise en vente.
Le seuil des 35 000 $ : pourquoi c'est le chiffre critique
La barre des 35 000 $ n'est pas arbitraire. C'est le prix psychologique auquel un véhicule électrique neuf devient accessible à la classe moyenne canadienne — sans avoir à choisir entre le paiement de l'hypothèque et celui de la voiture.
Rappelons que le prix moyen d'un véhicule neuf au Canada a franchi les 50 000 $ en 2025. Un VE à 35 000 $ représente donc une réduction de 30 % par rapport au marché — et potentiellement beaucoup plus face aux VÉ traditionnels comme le Hyundai Kona Electric (48 649 $) ou le Chevrolet Equinox EV (49 999 $).
Et surtout : les véhicules sous 35 000 $ sont admissibles au rabais Roulez Vert du Québec de 2 000 $ (le programme est plafonné à 65 000 $, donc tous les modèles concernés sont éligibles). Avec le rabais, le prix net tombe à 33 000 $. Aucun véhicule électrique neuf n'est disponible à ce prix au Canada aujourd'hui.
Important : les VE chinois ne sont pas admissibles au rabais fédéral EVAP de 5 000 $ (anciennement iZEV), car le programme exige une fabrication au Canada, aux États-Unis ou au Mexique — une exigence de l'ACEUM.
Quels modèles sont sous les 35 000 $ ?
Sur les 2 400 véhicules importés, voici notre estimation de la répartition :
Sous 35 000 $ — le gros du volume
- BYD Seagull — ~33 000 $ CAD estimé. La citadine électrique qui fait trembler l'industrie. Autonomie d'environ 305 km, batterie LFP Blade de 38,9 kWh. C'est le modèle le plus susceptible de représenter la majorité des importations sous 35 000 $.
- Chery Omoda E5 (version de base) — ~34 990 $ à 36 990 $ estimé. Le VUS compact chinois qui concurrence directement le Kona Electric à 13 000 $ de moins. La version de base passe tout juste sous la barre.
- Dongfeng Nammé 01 — ~32 000 $ à 40 000 $ estimé. La version d'entrée (batterie 42 kWh) devrait atterrir sous 35 000 $, mais Dongfeng n'a probablement pas encore commencé ses livraisons.
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Au-dessus de 35 000 $ — le segment premium et milieu de gamme
- BYD Dolphin — ~35 000 $ à 42 000 $ estimé selon la version
- BYD Seal — ~44 990 $ estimé. La berline qui défie la Tesla Model 3
- BYD ATTO 3 — ~39 990 $ estimé. Le VUS compact le plus attendu
- Zeekr 001 — ~70 000 $ estimé. Premium, loin du segment abordable
- Lotus Eletre — ~120 000 $ et plus. Luxe pur, volume très faible
L'estimation : entre 60 % et 75 % sous 35 000 $
En croisant les gammes de prix des modèles chinois avec les volumes probables, nous estimons qu'entre 1 400 et 1 800 des 2 400 véhicules importés — soit 60 % à 75 % — sont sous la barre des 35 000 $.
Cette proportion n'est pas surprenante. L'avantage concurrentiel des constructeurs chinois repose précisément sur le segment abordable, là où les constructeurs occidentaux ont pratiquement abandonné le véhicule électrique. GM a tué la Bolt EV (qui se vendait 38 000 $). Nissan a laissé vieillir la Leaf. Tesla a abandonné le projet de Model 2 à 25 000 $ US.
Le vide laissé par les constructeurs traditionnels est en train d'être comblé — cargaison par cargaison.
Ce que ça signifie pour le marché canadien
L'arrivée de 2 400 VE chinois en un mois, même si c'est un volume modeste, a trois implications immédiates :
- 1Pression à la baisse sur les prix : quand un concessionnaire Hyundai a un Kona Electric à 48 649 $ sur son terrain et qu'un Omoda E5 à 36 990 $ arrive chez le concessionnaire d'à côté, les rabais et promotions deviennent inévitables.
- 1Accélération de l'adoption : à 33 000 $ net (avec Roulez Vert), un VE neuf devient moins cher qu'une Toyota Corolla hybride bien équipée. Le calcul économique bascule.
- 1Tension politique : chaque cargaison de VE chinois qui arrive dans un port canadien alimente le discours protectionniste à Washington. La révision de l'ACEUM en 2026 mettra ces chiffres d'importation sous le microscope des négociateurs américains.
Et maintenant ?
Le rythme d'importation devrait s'accélérer. BYD prévoit ses premières livraisons commerciales pour fin 2026 à Toronto et Vancouver. Chery élargit son réseau d'importateurs indépendants. Dongfeng prépare son homologation chez Transports Canada.
Si le rythme de juillet (2 400 unités) double d'ici décembre — ce qui est plausible avec l'arrivée de BYD —, le Canada pourrait importer entre 30 000 et 40 000 VE chinois en 2026, soit juste sous le plafond du quota de 49 000.
La seule ombre au tableau : la révision de l'ACEUM pourrait refermer cette fenêtre aussi vite qu'elle s'est ouverte.
FAQ
Q : D'où viennent ces 2 400 véhicules ?
R : Principalement de Geely (Lotus Eletre, Zeekr 001), de Chery (Omoda E5, Jaecoo 6) et d'un premier lot BYD destiné aux concessionnaires. Dongfeng n'a pas encore commencé ses expéditions commerciales.
Q : Quel est le véhicule le moins cher parmi ces importations ?
R : Le BYD Seagull, estimé à environ 33 000 $ CAD. Avec le rabais Roulez Vert du Québec (2 000 $), le prix net tombe à 31 000 $ — le véhicule électrique neuf le moins cher jamais vendu au Canada.
Q : Ces véhicules sont-ils admissibles au rabais fédéral EVAP ?
R : Non. Le programme EVAP exige une fabrication dans un pays de l'ACEUM (Canada, États-Unis, Mexique). Aucun VE chinois n'y est assemblé. Le rabais Roulez Vert du Québec (2 000 $) reste applicable, sans restriction d'origine.
Q : Le rythme d'importation va-t-il continuer ?
R : Oui, et probablement s'accélérer. BYD commencera ses livraisons commerciales fin 2026. Le rythme mensuel de juillet (2 400) pourrait doubler d'ici la fin de l'année.
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