Joly bloque le plan Stellantis d'assembler des VE chinois en « kit » à Brampton

Joly bloque le plan Stellantis d'assembler des VE chinois en « kit » à Brampton
Usine d'assemblage de Windsor — Stellantis proposait d'assembler des VE chinois en kit à son usine fermée de Brampton, Ontario
Sophie Chen
Sophie ChenJournaliste automobile

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.

5 min de lecture

L'essentiel

  • Avril 2026 — La ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly a opposé un refus catégorique au projet de Stellantis d'assembler des véhicules électriques chinois à partir de « kits » dans son usine fermée de Brampton, en Ontario.
  • Stellantis — le groupe derrière Chrysler, Dodge, Jeep et Ram — avait proposé un montage astucieux : importer des VE chinois sous forme de kits semi-démontés (CKD, completely knocked down) et les assembler dans son usine de Brampton, fermée depuis 2024.
  • Mélanie Joly a été directe : « nous n'accepterons pas de "voitures en kit" ».

# Joly bloque le plan Stellantis d'assembler des VE chinois en « kit » à Brampton

Avril 2026 — La ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly a opposé un refus catégorique au projet de Stellantis d'assembler des véhicules électriques chinois à partir de « kits » dans son usine fermée de Brampton, en Ontario. Cette décision trace une ligne rouge claire dans la politique canadienne d'importation des VÉ chinois — et redéfinit ce qui est acceptable sous l'ACEUM.

Le plan Stellantis : des « cars-in-a-kit »

Stellantis — le groupe derrière Chrysler, Dodge, Jeep et Ram — avait proposé un montage astucieux : importer des VE chinois sous forme de kits semi-démontés (CKD, completely knocked down) et les assembler dans son usine de Brampton, fermée depuis 2024. L'usine, qui employait autrefois plus de 3 000 travailleurs, est un symbole du déclin manufacturier ontarien — et Stellantis y voyait une opportunité de relance.

Le raisonnement était simple : si les véhicules sont assemblés au Canada, ils pourraient être considérés comme « fabriqués en Amérique du Nord » et ainsi devenir admissibles au rabais fédéral EVAP de 5 000 $ — un avantage que les VE chinois importés directement ne peuvent pas obtenir.

Mais Ottawa a vu clair dans ce jeu.

Le refus de Joly : « pas de porte dérobée »

Mélanie Joly a été directe : « nous n'accepterons pas de "voitures en kit" ». Le gouvernement Trudeau considère que l'assemblage de kits chinois dans une usine canadienne ne constitue pas une « fabrication nord-américaine » au sens de l'ACEUM — et ne donnerait donc pas droit au rabais EVAP.

Le ministre de l'Industrie a appuyé ce refus, confirmant qu'il n'y a « aucun plan » pour l'usine fermée de Brampton dans le cadre d'un assemblage de VE chinois.

La logique d'Ottawa est cohérente :

  • Le Canada ouvre son marché aux VE chinois via le quota de 49 000 véhicules et le tarif préférentiel de 6,1 %
  • Mais il ne permettra pas aux constructeurs chinois de contourner les règles d'origine de l'ACEUM par un assemblage symbolique sur le sol canadien
  • La « fabrication nord-américaine » doit impliquer un contenu local substantiel — pas apenas du vissage de pare-chocs

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Ce que ça signifie pour l'industrie

Ce refus a trois implications majeures :

1. L'assemblage en kit est mort — pour l'instant

2. Stellantis perd une option de relance pour Brampton

3. Le signal à BYD, Chery et Dongfeng

Le paradoxe canadien

Cette décision illustre le paradoxe de la politique canadienne : Ottawa veut des VE abordables pour les consommateurs, mais ne veut pas compromettre les règles commerciales nord-américaines qui protègent l'industrie automobile de l'Ontario.

Le résultat est une voie étroite :

Importation directe
autorisée (quota 49 000, tarif 6,1 %), mais sans rabais EVAP
Assemblage en kit
refusé — ne compte pas comme fabrication ACEUM
Usine complète
encouragée, mais aucun constructeur chinois n'en a une en Amérique du Nord

C'est une troisième voie qui n'existe pas encore — et que le refus de Joly rend encore plus difficile à tracer.

FAQ

Q : Qu'est-ce qu'un « kit » CKD ?

R : CKD (completely knocked down) signifie que le véhicule est fabriqué en Chine, partiellement démonté, expédié en pièces détachées, puis réassemblé dans une usine locale. Stellantis proposait de faire cet assemblage à Brampton.

Q : Pourquoi Stellantis voulait-il assembler des VE chinois ?

R : Stellantis n'a pas de VÉ abordable dans sa gamme nord-américaine. S'associer à un constructeur chinois pour assembler des modèles existants était une façon rapide de combler ce vide — tout en relançant l'usine fermée de Brampton.

Q : Le refus de Joly est-il définitif ?

R : Oui, dans sa forme actuelle. Mais le principe pourrait être renégocié si un constructeur chinois propose un investissement industriel majeur avec un contenu local significatif — pas seulement du vissage.

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