Dongfeng dévoile ses intentions : le Québec, cible prioritaire des constructeurs chinois au Canada

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.
L'essentiel
- 22 juillet 2026 — Mardi dernier, au Grand Quai du Vieux-Port de Montréal, un constructeur automobile chinois a fait quelque chose qu'aucun autre n'avait osé : exposer publiquement six véhicules électriques avant même d'avoir obtenu le droit de les vendre au Canada.
- Six véhicules de quatre sous-marques Dongfeng étaient présentés : les modèles Free et Dream de Voyah (premium), le tout-terrain M-Hero M817, la berline eπ007, et les citadines Nammi 01 et Nammi 06.
- La déclaration de Mazorra Fernández à La Presse est sans équivoque : le Québec est le marché régional le plus prometteur au pays pour les constructeurs chinois.
# Dongfeng dévoile ses intentions : le Québec, cible prioritaire des constructeurs chinois au Canada
22 juillet 2026 — Mardi dernier, au Grand Quai du Vieux-Port de Montréal, un constructeur automobile chinois a fait quelque chose qu'aucun autre n'avait osé : exposer publiquement six véhicules électriques avant même d'avoir obtenu le droit de les vendre au Canada. Dongfeng Motor Corporation, l'un des plus grands groupes automobiles d'État en Chine, a profité de l'événement pour confirmer ses intentions — et le message est clair : le Québec est la cible prioritaire.
Ce qui était exposé, et ce qui arrive vraiment
Six véhicules de quatre sous-marques Dongfeng étaient présentés : les modèles Free et Dream de Voyah (premium), le tout-terrain M-Hero M817, la berline eπ007, et les citadines Nammi 01 et Nammi 06.
Mais selon Julie Mazorra Fernández, directrice de North World Industry — le distributeur canadien désigné de Dongfeng — seuls deux modèles sont réellement dans la mire pour une importation prochaine :
- Le Box (Nammi 01 en Chine) : une citadine à hayon, autonomie approchant 430 km, recharge 30-80 % en 30 minutes
- Le Vigo (Nammi 06 en Chine) : un petit VUS électrique
Les deux devraient se détailler sous les 35 000 dollars canadiens. Ils sont actuellement soumis au processus de certification de Transports Canada. Mazorra Fernández a indiqué espérer obtenir le permis d'importation « dans les prochains mois », avec un lancement visé pour l'an prochain.
Pourquoi le Québec spécifiquement
La déclaration de Mazorra Fernández à La Presse est sans équivoque : le Québec est le marché régional le plus prometteur au pays pour les constructeurs chinois. Trois raisons l'expliquent :
- 1Aucun manufacturier automobile établi : contrairement à l'Ontario (GM, Ford, Stellantis, Honda, Toyota), le Québec n'a pas d'industrie automobile à protéger. L'opposition syndicale et politique y est quasi inexistante.
- 2Le rabais Roulez Vert : 2 000 $ sans restriction d'origine du véhicule — contrairement au rabais fédéral EVAP qui exige une fabrication ACEUM.
- 3L'opinion publique : 72 % des Québécois se disent favorables à l'arrivée des VE chinois (sondage Léger). Au Grand Quai, une directrice d'école retraitée de Montréal a confié au Globe and Mail qu'elle n'hésiterait pas à acheter un Dongfeng, « motivée par le prix et la confiance dans la fiabilité croissante des constructeurs chinois ».
Une présence industrielle à long terme ?
Mazorra Fernández est allée plus loin : elle a évoqué la possibilité d'une présence industrielle au Québec. Dongfeng exploite déjà des usines conjointes avec Stellantis et Nissan en Europe et en Amérique du Sud — un modèle qu'elle a cité comme piste pour d'éventuels investissements canadiens.
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Cette déclaration est significative. Jusqu'ici, seule BYD avait évoqué l'idée d'une usine nord-américaine (au Mexique). Que Dongfeng — une entreprise d'État chinoise — parle ouvertement d'une présence industrielle au Québec change la donne.
Le premier ministre Mark Carney a toutefois posé des conditions claires au G7 le mois dernier : le Canada ne s'intéresse à l'investissement chinois que s'il s'accompagne d'une production matériellement canadienne — pas de simple assemblage de kits importés. Les critères : partenariats en coentreprise, contrôle canadien, valeur ajoutée substantielle, respect des normes de travail canadiennes.
Le quota qui se remplit à toute vitesse
L'arrivée de Dongfeng s'inscrit dans un contexte d'accélération des importations. Selon les données gouvernementales publiées le 10 juillet, 6 531 véhicules avaient déjà été importés sous le quota à la mi-année — soit 26,7 % du plafond semestriel de 24 500 unités (la première fenêtre se termine le 31 août).
Fait notable : la quasi-totalité de ce volume initial est constituée de Tesla Model 3 fabriquées à Shanghai. Les constructeurs purement chinois (BYD, Chery, Dongfeng) arrivent dans une seconde vague.
Ottawa évaluerait même la possibilité d'imposer des plafonds par entreprise pour éviter qu'une seule marque n'accapare une trop grande partie du quota — une mesure qui viserait directement Tesla.
L'enjeu des données : l'éléphant dans la pièce
Un enjeu moins discuté concerne les données recueillies par les véhicules connectés. Dongfeng étant une entreprise d'État chinoise, des questions ont été soulevées quant à l'encadrement réglementaire de ces données au Canada. Le ministère de l'Industrie a confirmé travailler sur le sujet, sans échéancier annoncé.
C'est un débat qui ne fera que s'intensifier à mesure que les véhicules chinois connectés arriveront sur les routes canadiennes.
Ce que ça change pour l'acheteur québécois
Pour le consommateur québécois, l'arrivée de Dongfeng avec deux modèles sous 35 000 $ — potentiellement 33 000 $ après le rabais Roulez Vert — est une excellente nouvelle. C'est la première fois qu'un constructeur identifie explicitement le Québec comme sa porte d'entrée, ce qui signifie :
- Des concessionnaires et centres de service probablement au Québec en premier
- Une adaptation potentielle aux conditions hivernales québécoises
- Une pression à la baisse sur les prix de tous les VÉ vendus dans la province
Pour le reste du Canada, c'est le signal que le Québec pourrait devenir la plaque tournante de l'entrée des VE chinois au pays — un avantage compétitif que la province n'avait pas anticipé mais qu'elle semble bien partie pour saisir.
FAQ
Q : Quels modèles Dongfeng arriveront en premier au Canada ?
R : Le Box (Nammi 01), une citadine à hayon, et le Vigo (Nammi 06), un petit VUS. Les deux visent un prix sous 35 000 $. Certification Transports Canada en cours, lancement visé en 2027.
Q : Dongfeng va-t-il vraiment construire une usine au Québec ?
R : L'idée a été évoquée par la directrice du distributeur canadien, mais aucune décision n'est prise. Le gouvernement Carney exige une production matériellement canadienne — pas de simple assemblage de kits.
Q : Pourquoi le Québec est-il plus attractif que l'Ontario pour les constructeurs chinois ?
R : Le Québec n'a pas d'industrie automobile établie à protéger, l'opinion publique y est favorable (72 %), le rabais Roulez Vert est sans restriction d'origine, et l'hydroélectricité rend le VÉ particulièrement vert.
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