Historique des tarifs sur les VE chinois : de 100% à 6.1%

Historique des tarifs sur les VE chinois : de 100% à 6.1%
Photo: Wikimedia Commons (CC BY-SA)
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Sophie ChenJournaliste automobile

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.

9 min de lecture

L'essentiel

  • L'histoire des tarifs canadiens sur les véhicules électriques chinois est un véritable feuilleton politique et économique qui a tenu le pays en haleine pendant plus d'un an.
  • Le 1er octobre 2024, le gouvernement Trudeau annonce un tarif surtaxe de 100% sur les véhicules électriques fabriqués en Chine importés au Canada.
  • Dès janvier 2025, les fissures dans la politique de tarif à 100% commencent à apparaître.

De 100% à 6.1% : la saga des tarifs sur les VE chinois au Canada

L'histoire des tarifs canadiens sur les véhicules électriques chinois est un véritable feuilleton politique et économique qui a tenu le pays en haleine pendant plus d'un an. De l'annonce choc d'un tarif de 100% en octobre 2024 à la réduction progressive vers 6.1% au début 2026, chaque étape a été marquée par des négociations intenses, des retournements de situation et des pressions de tous les côtés. Voici la chronologie complète de cette saga qui a redéfini la politique commerciale automobile du Canada.

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter au printemps 2024. Les États-Unis venaient d'annoncer un tarif de 100% sur les VE chinois, et la pression montait sur le Canada pour qu'il s'aligne. Les constructeurs automobiles établis au Canada — GM, Ford, Stellantis — ont fait un lobbying intense auprès d'Ottawa, arguant que des VE chinois subventionnés inonderaient le marché canadien et menaceraient des dizaines de milliers d'emplois en Ontario.

## Octobre 2024 : le tarif de 100% entre en vigueur

Le 1er octobre 2024, le gouvernement Trudeau annonce un tarif surtaxe de 100% sur les véhicules électriques fabriqués en Chine importés au Canada. La mesure est présentée comme une question de sécurité économique nationale et d'alignement avec les alliés. Les réactions sont immédiates et polarisées. Les syndicats automobiles applaudissent, les associations de consommateurs protestent, et les provinces de l'Ouest demandent des exceptions pour les véhicules agricoles électriques.

L'impact est instantané. Les quelques VE chinois en transit vers le Canada sont bloqués aux ports. Les discussions entre BYD et des concessionnaires canadiens sont gelées. Le prix effectif d'un BYD Seal, qui aurait pu se vendre 35 000 $ CAD, passe théoriquement à 70 000 $, le rendant non compétitif. Les consommateurs canadiens qui espéraient des VE abordables sont déçus. Les forums en ligne explosent de frustration.

## Janvier-Mars 2025 : les premières fissures

Dès janvier 2025, les fissures dans la politique de tarif à 100% commencent à apparaître. Un rapport de la Banque du Canada estime que le tarif coûte aux consommateurs canadiens environ 2 milliards $ par an en choix limités et prix plus élevés. Le rapport souligne aussi que le tarif n'a pas l'effet protecteur espéré, puisque les constructeurs canadiens ne produisent pas de VE dans la gamme de prix des véhicules chinois bloqués.

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En mars 2025, un groupe de 45 économistes canadiens publie une lettre ouverte demandant une révision du tarif. Leur argument : le Canada a besoin de VE abordables pour atteindre ses objectifs climatiques de 2035, et bloquer les options les moins chères est contre-productif. Parallèlement, l'Australie signe un accord commercial avec la Chine qui inclut un tarif préférentiel de 5% sur les VE, donnant aux consommateurs australiens accès à des véhicules que les Canadiens ne peuvent pas acheter.

## Été 2025 : les négociations s'intensifient

L'été 2025 est le tournant. Le nouveau gouvernement, élu partiellement sur une promesse de rendre les VE plus accessibles, lance des négociations bilatérales avec Pékin. Les conditions canadiennes incluent : un système de quotas d'importation, des exigences d'investissement local (service après-vente, pièces de rechange), des normes de cybersécurité pour les véhicules connectés, et une clause de révision annuelle. La Chine, de son côté, exige la levée du tarif de 100% et un accès garanti au marché.

En parallèle, BYD annonce son intention d'investir dans un centre de formation et de service après-vente au Canada, une manœuvre stratégique pour montrer son engagement envers le marché canadien. Chery signe un accord préliminaire avec un réseau de concessionnaires au Québec et en Ontario. Ces gestes concrets donnent au gouvernement canadien les arguments nécessaires pour justifier une réduction tarifaire auprès d'une opinion publique divisée.

## Décembre 2025-Janvier 2026 : l'accord et la réduction à 6.1%

Le 15 décembre 2025, Ottawa annonce un nouveau cadre réglementaire pour les VE chinois au Canada. Le tarif de 100% est remplacé par un tarif de 6.1%, aligné sur le tarif général canadien pour les véhicules importés de pays non signataires d'un accord de libre-échange. En échange, un système de quotas limite les importations à 49 000 unités la première année, et les constructeurs chinois doivent s'engager à investir dans le service après-vente et la disponibilité des pièces au Canada.

La réaction est mitigée mais globalement positive. Les sondages montrent que 62% des Canadiens appuient la réduction tarifaire. Les associations de consommateurs célèbrent l'accès à des VE plus abordables. Les syndicats expriment des réserves mais acceptent les garanties d'investissement. Les constructeurs établis grognent mais reconnaissent que la concurrence forcera l'innovation. Le premier BYD Seal est livré à un client montréalais le 23 janvier 2026, marquant le début d'une nouvelle ère pour l'automobile au Canada.

## FAQ

### Pourquoi le Canada a-t-il réduit le tarif de 100% à 6.1%? Le tarif de 100% était jugé contre-productif pour les objectifs climatiques du Canada et coûteux pour les consommateurs. Les négociations ont abouti à un compromis avec des quotas et des exigences d'investissement local.

### Le tarif de 6.1% s'applique-t-il à tous les VE chinois? Oui, le tarif de 6.1% s'applique à tous les véhicules électriques assemblés en Chine importés au Canada, dans la limite du quota annuel de 49 000 unités.

### Les tarifs pourraient-ils revenir à 100%? Le cadre réglementaire inclut une clause de révision annuelle. Si les conditions de l'accord ne sont pas respectées, le gouvernement se réserve le droit de réajuster les tarifs.

### Comment les tarifs affectent-ils le prix final pour le consommateur? Un tarif de 6.1% ajoute environ 2 000 $ à 4 000 $ au prix d'un VE chinois typique, ce qui est nettement plus gérable que les 25 000 $ à 50 000 $ qu'ajoutait le tarif de 100%.

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