Quota d'importation de VE au Canada : Suivi en direct 2026

Quota d'importation de VE au Canada : Suivi en direct 2026
Photo: Wikimedia Commons (CC BY-SA)
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Jean-Pierre MartinJournaliste automobile

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.

7 min de lecture

L'essentiel

  • En 2025, le gouvernement canadien a mis en place un système de quotas limitant l'importation de véhicules électriques fabriqués en Chine à 49 000 unités par an.
  • En date du 28 février 2026, voici l'état des allocations confirmées et provisoires.
  • Pour les acheteurs de Montréal, Toronto ou Vancouver qui veulent mettre la main sur un VE chinois, le système de quotas crée une dynamique d'offre limitée.

Le système de quotas canadien pour les VE : comprendre les règles du jeu

En 2025, le gouvernement canadien a mis en place un système de quotas limitant l'importation de véhicules électriques fabriqués en Chine à 49 000 unités par an. Ce chiffre ne sort pas de nulle part. Il représente environ 12 % de la demande totale projetée de VE neufs au Canada pour 2026, qui est estimée à 410 000 unités selon les données de Statistique Canada et de S&P Global Mobility. Le système est géré par Transports Canada en collaboration avec l'Agence des services frontaliers du Canada, et chaque importation doit être accompagnée d'un certificat d'origine et d'un permis d'importation spécifique. La surtaxe de 100 % s'applique en plus du quota — ce sont deux mécanismes distincts.

Comment fonctionne concrètement le quota ? Chaque constructeur doit soumettre une demande d'allocation annuelle avant le 1er avril. Les allocations sont attribuées sur la base du premier arrivé, premier servi, avec une priorité accordée aux fabricants qui ont déjà obtenu l'homologation de Transports Canada. BYD, qui a complété son enregistrement en janvier 2026, a une longueur d'avance. Les constructeurs qui n'ont pas encore d'homologation peuvent quand même réserver une allocation provisoire, mais ils doivent compléter le processus dans les 12 mois suivants sous peine de perdre leur place. C'est un système qui favorise clairement les acteurs les plus rapides et les mieux organisés.

## État des quotas au T1 2026 : qui a pris quoi

En date du 28 février 2026, voici l'état des allocations confirmées et provisoires. BYD mène le peloton avec une allocation de 15 000 unités, principalement pour le Seal et l'ATTO 3. Geely (pour Zeekr et ses autres marques) a réservé 8 000 unités. Chery, maison-mère de Tiggo et Omoda, a demandé 6 000 unités. SAIC Motor, propriétaire de MG, a obtenu 5 500 unités pour la MG4 et le MG ZS EV. Great Wall Motor, avec la marque ORA, a réservé 3 500 unités. Le reste — 11 000 unités — est divisé entre une demi-douzaine de constructeurs plus petits comme NIO, XPeng, Leapmotor et BAIC. Ce total de 49 000 unités est déjà entièrement alloué pour 2026.

Mais voilà le hic : une allocation n'est pas une importation. Avoir un quota de 15 000 unités ne signifie pas que BYD va effectivement expédier 15 000 voitures au Canada en 2026. L'homologation, la logistique maritime, le réseau de concessionnaires et la demande réelle des consommateurs sont autant de facteurs qui peuvent réduire le nombre d'importations effectives. Les analystes de AutoForecast Solutions estiment que seulement 60 à 70 % des quotas alloués seront réellement utilisés en 2026. Ça laisserait entre 14 700 et 19 600 unités non utilisées qui pourraient théoriquement être réaffectées au T4 si un constructeur en fait la demande.

## Impact sur les prix et la disponibilité pour les consommateurs canadiens

Pour les acheteurs de Montréal, Toronto ou Vancouver qui veulent mettre la main sur un VE chinois, le système de quotas crée une dynamique d'offre limitée. Quand vous avez un maximum de 15 000 BYD Seal disponibles pour tout le Canada, et qu'une portion significative sera dirigée vers Toronto et Vancouver en priorité, les habitants de Winnipeg, Halifax ou Saskatoon pourraient attendre plus longtemps. C'est la réalité économique d'un marché limité par l'offre plutôt que par la demande. Les concessionnaires pourraient aussi en profiter pour ajouter des marges — un phénomène qu'on a déjà vu avec les premiers Toyota RAV4 Prime, qui se vendaient 5 000 $ à 10 000 $ au-dessus du PDSF.

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Le prix final au consommateur reste une inconnue partielle. Prenons le BYD Seal comme exemple. Prix de base en Chine : environ 24 000 $ CAD. Ajoutez les frais de transport maritime (1 200 $ à 1 800 $), la surtaxe de 100 % (24 000 $), les droits d'importation standard de 6,1 % (1 464 $), la TPS et TVQ au Québec, et les marges du concessionnaire. Le prix final pourrait atterrir autour de 52 000 $ à 56 000 $ avant subventions. C'est compétitif avec la Tesla Model 3 Highland à 54 990 $, mais loin du prix imbattable que BYD offre sur d'autres marchés. Le quota limite la quantité, la surtaxe gonfle le prix — ensemble, ils freinent considérablement l'impact de BYD sur le marché canadien.

## Comparaison internationale : comment le Canada se positionne

Le Canada n'est pas le seul pays à avoir instauré des mesures protectionnistes contre les VE chinois, mais son approche est parmi les plus strictes au monde. L'Union européenne a opté pour des tarifs additionnels de 17 % à 38 % selon le constructeur, sans quota. Les États-Unis ont imposé un tarif de 100 % mais n'ont pas de système de quota non plus. Le Royaume-Uni maintient un tarif de 22 % sans quota. L'Australie et la Nouvelle-Zélande n'ont aucune restriction spécifique. Le Canada est le seul grand marché à combiner un tarif de 100 % ET un quota annuel — une double barrière qui est contestée par la Chine auprès de l'Organisation mondiale du commerce.

Cette approche a des conséquences réelles. Les données du premier trimestre montrent que les consommateurs canadiens paient en moyenne 18 % de plus pour un VE que les Australiens et 23 % de plus que les Néo-Zélandais, en partie à cause de ces barrières. À Calgary, une famille qui magasine un VE abordable sous les 40 000 $ a essentiellement trois options : la Chevrolet Equinox EV, la Hyundai Kona Electric et la Nissan Leaf. En Australie, cette même famille aurait accès à ces trois modèles plus le BYD Dolphin à 38 900 $ AUD (environ 35 000 $ CAD), le MG4 à 33 990 $ AUD et la BYD Seagull à 24 990 $ AUD. Le quota canadien prive directement les consommateurs d'options abordables.

## Prévisions pour le reste de 2026 et au-delà

Le quota de 49 000 unités sera revu annuellement par le gouvernement fédéral. Les groupes de lobbying de l'industrie automobile canadienne, menés par l'Alliance canadienne de l'industrie automobile (ACIA), poussent pour maintenir ou réduire le quota à 40 000 en 2027. De l'autre côté, les associations de consommateurs comme Option consommateurs et le Bureau de la concurrence plaident pour une augmentation à 75 000 unités, arguant que les consommateurs ont droit à des choix plus diversifiés et à des prix plus bas. La décision finale sera vraisemblablement politique — un compromis entre la protection des emplois manufacturiers en Ontario et le droit des consommateurs à la concurrence.

D'ici la fin 2026, on s'attend à ce que BYD ait effectivement importé entre 8 000 et 10 000 véhicules, concentrés dans le GTA et le Grand Vancouver. Zeekr pourrait en être à quelques centaines d'unités de pré-série. MG devrait livrer 3 000 à 4 000 MG4 à travers le pays. Le total réel d'importations de VE chinois en 2026 sera probablement autour de 25 000 à 30 000 unités — bien en dessous du quota de 49 000. Mais ne vous y trompez pas : chacun de ces véhicules sur la route agit comme une publicité roulante. Les Torontois qui verront un BYD Seal au centre-ville, les Montréalais qui croiseront un Zeekr sur l'autoroute 40 — c'est le début d'un changement de perception qui prendra de l'ampleur en 2027 et 2028.

### FAQ

### Combien de VE chinois peuvent être importés au Canada en 2026 ? Le quota annuel est fixé à 49 000 unités. Ce chiffre couvre tous les véhicules électriques fabriqués en Chine, incluant les marques chinoises comme BYD et les marques non chinoises assemblées en Chine comme certaines Tesla et BMW. Le quota est déjà entièrement alloué pour 2026.

### Le quota sera-t-il augmenté en 2027 ? La décision n'a pas encore été prise. Les associations de consommateurs demandent une augmentation à 75 000 unités, tandis que l'industrie automobile canadienne veut le maintenir ou le réduire. Une annonce est attendue dans le budget fédéral d'automne 2026.

### Le quota affecte-t-il les prix des VE chinois au Canada ? Oui, indirectement. L'offre limitée par le quota peut permettre aux concessionnaires de maintenir des prix plus élevés ou d'ajouter des marges au-dessus du PDSF. Combiné à la surtaxe de 100 %, le quota contribue à maintenir les prix des VE chinois plus élevés au Canada que sur d'autres marchés.

### Puis-je importer personnellement un VE chinois au Canada ? Techniquement, oui, mais c'est extrêmement coûteux et complexe. Vous devriez payer la surtaxe de 100 %, les droits d'importation, la TPS/TVH, et vous assurer que le véhicule est conforme aux normes de sécurité de Transports Canada. Le coût total rendrait l'importation personnelle non économique dans la grande majorité des cas.

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