Kits knock-down : faut-il les compter dans le quota de 49 000 VE chinois ?

Kits knock-down : faut-il les compter dans le quota de 49 000 VE chinois ?
Photo: Wikimedia Commons (CC BY-SA)
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Jean-Pierre MartinJournaliste automobile

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.

10 min de lecture

L'essentiel

  • C'est la question technique qui pourrait redéfinir l'avenir des VE chinois au Canada : est-ce qu'un véhicule assemblé à partir d'un kit préfabriqué en Chine est une « importation » ou un « produit canadien » ?
  • Il existe deux types de kits dans l'industrie automobile :
  • Le quota annuel de 49 000 VE chinois est le cœur du débat.

Le débat qui pourrait tout changer

C'est la question technique qui pourrait redéfinir l'avenir des VE chinois au Canada : est-ce qu'un véhicule assemblé à partir d'un kit préfabriqué en Chine est une « importation » ou un « produit canadien » ? La réponse aura des conséquences majeures sur le quota de 49 000 VE chinois autorisés chaque année.

Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces d'automobile (APMA), a lancé le débat cette semaine. Sa position est claire : « Ces véhicules sont complètement fabriqués en Chine avec des composants chinois, puis partiellement démontés et amenés ici pour être réassemblés. » Pour Volpe, c'est une importation déguisée.

Qu'est-ce qu'un kit knock-down exactement ?

Il existe deux types de kits dans l'industrie automobile :

**CKD (Completely Knocked Down)** — Le véhicule est expédié en pièces détachées et assemblé sur place. Ça nécessite une vraie infrastructure industrielle (soudure, peinture, assemblage). C'est le modèle utilisé par BMW en Afrique du Sud ou Toyota en Thaïlande. Ça crée des emplois qualifiés et soutient une chaîne d'approvisionnement locale.

**SKD (Semi Knocked Down)** — Le véhicule est presque entièrement assemblé en usine d'origine, puis partiellement démonté pour le transport. L'assemblage local se limite à quelques opérations simples (remonter les roues, installer les sièges, connecter la batterie). C'est essentiellement un véhicule importé avec des étapes supplémentaires.

Le modèle proposé par Stellantis-Leapmotor ressemble davantage à un SKD. Et c'est ça qui inquiète l'industrie canadienne.

L'enjeu : 49 000 places convoitées

Le quota annuel de 49 000 VE chinois est le cœur du débat. Si les kits knock-down ne comptent PAS comme des importations, ça crée une faille massive :

- Un constructeur pourrait importer des milliers de kits chinois, les « assembler » au Canada, et vendre des VE chinois sans toucher au quota - BYD, Chery et Geely auraient moins de concurrence pour les 49 000 places, mais le marché serait inondé par une voie parallèle - Les règles d'origine de l'ACEUM (CUSMA) seraient contournées, ce qui irriterait Washington

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Si les kits COMPTENT comme des importations, chaque Leapmotor assemblé à Brampton prendrait une place dans le quota — au détriment de BYD Seal, Chery Omoda ou Zeekr 007 qui veulent entrer directement. C'est un jeu à somme nulle avec 49 000 places.

Ce que les autres pays font

La question n'est pas nouvelle. D'autres pays ont déjà tranché :

**Union européenne** — Les kits CKD assemblés en Europe sont généralement considérés comme des produits européens, mais seulement si un pourcentage significatif de la valeur ajoutée est locale (typiquement 40-60 %).

**États-Unis** — L'Inflation Reduction Act exige que les véhicules soient assemblés en Amérique du Nord ET que les batteries contiennent un pourcentage croissant de minéraux et composants nord-américains. Les kits chinois ne passeraient pas ce test.

**Turquie** — A imposé des tarifs spécifiques sur les kits knock-down chinois, les traitant comme des importations déguisées.

Le Canada n'a pas encore clarifié sa position. C'est ce vide réglementaire que Volpe veut combler.

L'impact sur vous, acheteur de VE

Si vous attendez un VE chinois au Canada, voici ce que ce débat signifie :

**Si les kits comptent comme imports** — Le quota de 49 000 sera partagé entre les importations directes ET les kits assemblés. Moins de véhicules disponibles, potentiellement des délais d'attente plus longs, mais des prix maintenus.

**Si les kits ne comptent pas** — Plus de véhicules chinois sur le marché canadien (importations + assemblage local). Plus de choix, potentiellement des prix plus bas, mais un risque de réaction américaine (sanctions, restrictions frontalières).

Dans les deux cas, les premiers VE chinois arriveront au Canada fin 2026. Ce débat affecte surtout le volume et la diversité des modèles disponibles à partir de 2027.

FAQ

### Qu'est-ce qu'un kit knock-down dans l'automobile ? C'est un véhicule fabriqué dans un pays, partiellement démonté, expédié dans un autre pays, et réassemblé sur place. Le degré de démontage varie : CKD (pièces détachées, assemblage complet) ou SKD (quasi-assemblé, finition locale).

### Pourquoi l'APMA veut-il que les kits comptent comme des importations ? Pour protéger le quota de 49 000 unités contre un contournement qui noierait le marché de VE chinois sans bénéfice pour la chaîne d'approvisionnement canadienne.

### Est-ce que ça affecte BYD directement ? Oui. Si les kits Leapmotor prennent des places dans le quota, il en reste moins pour BYD et les autres importateurs directs. BYD a intérêt à ce que les kits comptent — ça protège ses propres allocations.

### Ottawa va-t-il trancher bientôt ? Probablement. La pression politique est forte et le premier semestre du quota (mars-août 2026) est déjà en cours. Une clarification est attendue dans les prochaines semaines.

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