61 % des Canadiens veulent des VE chinois (données de sondage)

61 % des Canadiens veulent des VE chinois (données de sondage)
Photo: Wikimedia Commons (CC BY-SA)
MD
Marie DupontJournaliste automobile

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.

7 min de lecture

L'essentiel

  • Quand j'ai vu les résultats du sondage Léger commandé par l'Association canadienne des automobilistes, j'ai dû relire deux fois.
  • Quand on demande aux répondants favorables pourquoi ils considéreraient un VE chinois, la réponse est sans équivoque : le prix.
  • L'analyse par groupe d'âge révèle un fossé générationnel marqué.

Les Canadiens disent oui aux VE chinois : les chiffres parlent

Quand j'ai vu les résultats du sondage Léger commandé par l'Association canadienne des automobilistes, j'ai dû relire deux fois. 61 % des Canadiens se disent ouverts à considérer un VE chinois pour leur prochain achat automobile, à condition que le prix et la qualité soient au rendez-vous. C'est un chiffre remarquable pour des marques qui n'ont pas encore vendu un seul véhicule au Canada. Mais en creusant dans les données, on découvre des nuances fascinantes selon les provinces, les groupes d'âge et les revenus.

Le sondage, réalisé auprès de 3 200 Canadiens adultes en février 2026, révèle que l'intérêt pour les VE chinois est loin d'être uniforme. Le Québec mène le bal avec 68 % d'ouverture, suivi de la Colombie-Britannique à 65 % et de l'Ontario à 60 %. L'Alberta, sans surprise, est la province la moins enthousiaste à 52 %, mais même là, plus de la moitié des répondants sont ouverts à l'idée. Ces chiffres suggèrent que les constructeurs chinois arrivent sur un marché beaucoup plus réceptif que ce que les sceptiques prédisaient.

## Le prix est le facteur numéro un

Quand on demande aux répondants favorables pourquoi ils considéreraient un VE chinois, la réponse est sans équivoque : le prix. 78 % citent le prix plus bas comme la raison principale. Viennent ensuite la technologie avancée (45 %), l'équipement de série généreux (39 %) et la curiosité envers les nouvelles marques (28 %). Pour les répondants défavorables, les principales préoccupations sont la qualité perçue (62 %), le service après-vente inconnu (55 %), et les considérations géopolitiques (34 %).

Ce qui est particulièrement intéressant, c'est la ventilation par tranche de revenus. Les ménages gagnant moins de 60 000 $ par an sont les plus enthousiastes (71 % d'ouverture), ce qui est logique puisque ce sont eux qui bénéficieraient le plus des prix inférieurs. Mais les ménages gagnant entre 80 000 $ et 120 000 $ montrent aussi un fort intérêt à 63 %, suggérant que l'attrait n'est pas seulement une question de nécessité financière. Les familles de Brampton, Laval, et Surrey dans cette tranche de revenus voient les VE chinois comme un moyen d'accéder à un véhicule premium au prix d'un modèle d'entrée de gamme.

## Les jeunes Canadiens sont les plus réceptifs

L'analyse par groupe d'âge révèle un fossé générationnel marqué. Les 18-34 ans sont les plus ouverts avec 74 % de favorabilité. Les 35-54 ans suivent à 62 %. Les 55 ans et plus sont les plus réticents à 48 %, bien que même dans ce groupe, près de la moitié est ouverte. Pour les jeunes Canadiens de Montréal, Toronto et Vancouver qui cherchent leur premier VE, le prix des modèles chinois représente souvent la différence entre pouvoir acheter ou non un véhicule électrique.

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Les données sur l'éducation sont aussi révélatrices. Les répondants avec un diplôme universitaire sont plus ouverts aux VE chinois (66 %) que ceux avec un diplôme secondaire (54 %). L'hypothèse est que les personnes plus éduquées sont plus exposées aux informations sur les avancées technologiques chinoises et moins influencées par les stéréotypes sur la qualité. Les professionnels de la technologie dans des villes comme Waterloo, Ottawa et Montréal sont particulièrement enthousiastes, voyant les VE chinois comme le prochain "smartphone moment" de l'industrie automobile.

## L'impact de la marque "Made in China" diminue

Un résultat fascinant du sondage : quand les répondants apprennent que BYD est le plus grand constructeur de VE au monde et que Chery exporte dans 80 pays, la favorabilité augmente de 12 points. L'information combat le préjugé. De même, quand on mentionne les résultats 5 étoiles Euro NCAP, la favorabilité grimpe de 15 points. Les Canadiens sont pragmatiques : donnez-leur des faits concrets sur la qualité et la sécurité, et leurs réticences fondent considérablement.

Le sondage montre aussi que l'expérience avec les produits chinois technologiques influence l'attitude. Les répondants qui possèdent un téléphone Huawei, Xiaomi ou OnePlus sont nettement plus favorables aux VE chinois (79 %) que la moyenne. Ceux qui utilisent des produits DJI (drones) ou Anker (électronique) montrent aussi une favorabilité accrue. L'idée que la Chine peut produire de la technologie de qualité n'est plus marginale — c'est une réalité que des millions de Canadiens vivent quotidiennement à travers leurs appareils électroniques.

## Ce que cela signifie pour le marché canadien

Pour les constructeurs chinois, ces données sont de l'or. Un marché où plus de 60 % des consommateurs sont déjà ouverts avant même la première livraison est exceptionnel. BYD et Chery n'auront pas besoin de convaincre les Canadiens de la valeur des VE chinois — ils n'auront qu'à confirmer ce que beaucoup espèrent déjà. Le défi sera plutôt opérationnel : ouvrir les concessionnaires à temps, assurer le service après-vente, et gérer la demande initiale qui pourrait dépasser l'offre.

Pour les constructeurs coréens, japonais et américains déjà établis au Canada, ces chiffres sont un signal d'alarme. La loyauté des consommateurs canadiens envers les marques existantes n'est pas acquise si une alternative significativement moins chère et bien équipée se présente. Hyundai, Kia, Toyota et les autres devront répondre avec des prix plus compétitifs ou des fonctionnalités supplémentaires. La concurrence chinoise va ultimement bénéficier à tous les acheteurs canadiens de VE, peu importe la marque qu'ils choisissent.

## FAQ

### Quel pourcentage de Canadiens veulent des VE chinois? 61 % des Canadiens se disent ouverts à considérer un VE chinois pour leur prochain achat, selon un sondage Léger de février 2026.

### Quelle province est la plus favorable aux VE chinois? Le Québec mène avec 68 % d'ouverture, suivi de la Colombie-Britannique à 65 % et de l'Ontario à 60 %.

### Pourquoi les Canadiens veulent-ils des VE chinois? 78 % citent le prix plus bas comme raison principale, suivi de la technologie avancée (45 %) et de l'équipement de série généreux (39 %).

### Quel groupe d'âge est le plus intéressé par les VE chinois? Les 18-34 ans avec 74 % de favorabilité, suivis des 35-54 ans à 62 %.

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