Sondage exclusif : 72% des Québécois envisagent d'acheter un VE chinois

Sondage exclusif : 72% des Québécois envisagent d'acheter un VE chinois
Photo: Wikimedia Commons (CC BY-SA)
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Jean-Pierre MartinJournaliste automobile

Couvre les derniers développements des véhicules électriques chinois et leur impact sur le marché automobile canadien.

6 min de lecture

L'essentiel

  • Un sondage Léger réalisé du 30 janvier au 2 février 2026 auprès de 1 570 Canadiens vient de révéler une donnée qui pourrait changer la stratégie des constructeurs chinois : le Québec est significativement plus ouvert aux véhicules électriques chinois que le reste du Canada.
  • "Les Canadiens ont radicalement changé leur point de vue au cours des 12 derniers mois sur la façon dont nous percevons notre relation avec la Chine, et ce n'est qu'un exemple de cela," a déclaré Steve Mossop, vice-président exécutif de Léger pour l'Ouest canadien.
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Sondage Québec : 72% des Québécois ouverts aux VE chinois

Un sondage Léger réalisé du 30 janvier au 2 février 2026 auprès de 1 570 Canadiens vient de révéler une donnée qui pourrait changer la stratégie des constructeurs chinois : le Québec est significativement plus ouvert aux véhicules électriques chinois que le reste du Canada. Alors que 61% des Canadiens soutiennent l'arrivée de plus de VE chinois sur le marché, ce chiffre bondit à 72% au Québec. C'est un écart de 14 points qui raconte une histoire fascinante sur les mentalités régionales et qui devrait influencer où BYD, Chery et Geely ouvriront leurs premiers concessionnaires.

## Les chiffres clés du sondage Léger - **Soutien national** : 61% des Canadiens approuvent l'arrivée de plus de VE chinois (24% fortement, 38% modérément) - **Soutien québécois** : 72% d'approbation, le plus élevé de toutes les provinces - **Connaissance de l'accord** : 70% des répondants étaient au courant de l'accord Canada-Chine sur les VE - **Groupes les plus favorables** : Hommes (67%) et Canadiens de 55 ans et plus (69%) - **Préoccupations principales** : Qualité du service après-vente (64%), disponibilité des pièces détachées (58%), durabilité en hiver (52%)

"Les Canadiens ont radicalement changé leur point de vue au cours des 12 derniers mois sur la façon dont nous percevons notre relation avec la Chine, et ce n'est qu'un exemple de cela," a déclaré Steve Mossop, vice-président exécutif de Léger pour l'Ouest canadien.

## Pourquoi le Québec est-il plus ouvert ? Plusieurs facteurs expliquent l'ouverture exceptionnelle du Québec aux VE chinois :

1. **Historique de réceptivité aux produits étrangers** : Le Québec a traditionnellement été plus ouvert aux importations que d'autres provinces, avec une culture de consommation moins ancrée dans le "Buy Canadian" que l'Ontario ou l'Alberta.

2. **Sensibilité environnementale accrue** : Le Québec a le taux d'adoption des VE le plus élevé au Canada (18% des nouvelles immatriculations contre 12% en moyenne nationale). Les Québécois sont plus susceptibles de prioriser les considérations environnementales sur l'origine du véhicule.

3. **Culture automobile différente** : Moins d'attachement aux marques américaines traditionnelles (Ford, GM) qu'en Ontario ou dans les Prairies, où l'industrie automobile domestique a une présence historique forte.

4. **Expérience positive avec les produits chinois** : Le Québec a été un marché test pour plusieurs produits électroniques et électroménagers chinois, créant une familiarité avec la qualité des produits manufacturés en Chine.

5. **Politiques provinciales progressistes** : Le programme Roulez Vert (7 000 $ de subvention) a déjà habitué les Québécois à l'idée que les gouvernements peuvent influencer le marché des VE.

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## Implications pour les constructeurs chinois Ces données devraient guider la stratégie de déploiement des marques chinoises :

- **Priorité géographique** : BYD, Chery et Geely devraient ouvrir leurs premiers concessionnaires à Montréal et Québec avant de s'étendre à Toronto ou Vancouver. Le marché québécois est plus mûr et réceptif.

- **Communication ciblée** : Les campagnes marketing au Québec peuvent mettre l'accent sur l'environnement et l'innovation technologique, tandis qu'en Alberta, il faudra peut-être insister sur le rapport qualité-prix et la durabilité hivernale.

- **Service après-vente** : Les 64% de Canadiens inquiets du service représentent une opportunité pour Geely, qui peut s'appuyer sur le réseau Volvo existant. BYD et Chery devront investir massivement dans la formation technique et la disponibilité des pièces.

- **Partenariats locaux** : Collaborer avec des concessionnaires québécois établis pourrait accélérer l'acceptation, comme l'a fait Hyundai lors de son entrée sur le marché canadien dans les années 1980.

## Comparaison interprovinciale - **Québec** : 72% de soutien - **Colombie-Britannique** : 65% (forte adoption des VE mais préoccupations environnementales sur le transport maritime) - **Ontario** : 58% (influence de l'industrie automobile domestique) - **Prairies** : 52% (fort attachement aux pickups et marques américaines) - **Provinces atlantiques** : 55% (prudence mais ouverture aux prix abordables)

## L'évolution depuis 2024 Le changement d'attitude est spectaculaire. En 2024, seulement 25% des Canadiens disaient que le fait qu'un véhicule soit fabriqué en Chine n'aurait aucun effet sur leur décision d'achat. Aujourd'hui, 61% soutiennent activement l'arrivée de ces véhicules. La baisse des tensions commerciales et la visibilité croissante des marques chinoises (BYD n°1 mondial, Geely propriétaire de Volvo) ont modifié les perceptions.

## Les défis persistent Malgré l'ouverture générale, des inquiétudes subsistent : - **Service après-vente** : 64% des répondants, particulièrement les femmes (68%) et les ruraux (71%) - **Pièces détachées** : 58%, un problème majeur pour les propriétaires de VE même des marques établies - **Hiver canadien** : 52%, bien que les batteries LFP utilisées par BYD et Chery soient réputées pour leur résistance au froid - **Sécurité des données** : 47%, une préoccupation croissante avec les véhicules connectés

## Recommandations pour les acheteurs québécois Si vous êtes au Québec et envisagez un VE chinois : 1. **Profitez des subventions** : 7 000 $ du programme Roulez Vert + 5 000 $ fédéraux (si le gouvernement modifie les règles) 2. **Vérifiez le réseau de service** : Exigez un plan clair du constructeur pour l'entretien dans votre région 3. **Testez en hiver** : Insistez pour un essai routier par temps froid pour évaluer l'autonomie réelle 4. **Comparez le coût total** : Un BYD Seal à 49 990 $ moins 7 000 $ = 42 990 $, soit 17 000 $ de moins qu'une Tesla Model 3

FAQ

### Qui a réalisé le sondage ? L'institut Léger, du 30 janvier au 2 février 2026, auprès de 1 570 Canadiens, marge d'erreur de ±2,5%.

### Pourquoi le Québec est-il plus ouvert ? Combinaison de sensibilité environnementale, d'historique d'ouverture aux importations, et de culture automobile moins attachée aux marques américaines.

### Les Québécois achèteront-ils vraiment des VE chinois ? Le sondage mesure l'intention, pas l'achat. Mais l'intention est un prédicteur fort, surtout avec des prix 20-30% inférieurs aux marques établies.

### Les inquiétudes sur le service après-vente sont-elles fondées ? Oui, aucun constructeur chinois n'a encore de réseau de service au Canada. Geely a un avantage via Volvo, BYD et Chery doivent construire le leur.

### Comment les constructeurs devraient-ils réagir ? Ouvrir des concessionnaires à Montréal et Québec en premier, former des techniciens locaux, et garantir la disponibilité des pièces détachées.

### Le soutien restera-t-il élevé si les premiers modèles ont des problèmes ? Probablement non. Les premières impressions sont cruciales. Un lancement réussi au Québec pourrait créer un effet d'entraînement dans le reste du Canada.

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